SÉLECTION DU JEUDI #53

Bonjour, voici la 53ème #sélectiondujeudi, votre indispensable dose hebdomadaire de photojournalisme.

Notez que cette sélection est la dernière sélection avant un petit break estival…

Cette semaine, Arthur Gauthier, Simon Lambert, Quentin Top, Adrien Selbert, Simon Létranger, Arnaud Finistre, Augustin Le Gall, Julien Hazemann, Michael Bunel, Isabelle Serro, Franck Pennant, Matthieu Delaunay, Virginie Plauchut, Kasia Strek, Anthony Micallef, Thomas Morel-Fort et Alexandre Afonso nous emmènent à l’Île de Ré, dans les anciens ateliers de maintenance de la SNCF à Paris, à Izmir (Turquie), en Bosnie, à Mardin (Turquie), à l’abbaye de Solesme, en Tunisie, à Dhaka, (Bangladesh), à la prison de Villepintes, dans les Pyrénées, au match Islande-UK, à Manille, auprès de personnes harcelé(e)s {Très beau boulot, photo de couv’}, au Portugal, au festival Solidays, en Inde, à Erbil… pfiuu.

La #sélectiondujeudi vous aime toujours autant. Elle a juste besoin de faire une petite pause. On se reverra en septembre. On affinera peut-être un peu les règles de cette sélection à l’occasion.

Ciao.

Jean-Matthieu

24 juin 2016 – À l’occasion de la fête de la Saint-Jean, les habitants des Portes-en-Ré, un village du sud de l’île de Ré, se rassemblent pour allumer les traditionnels feux du 24 juin et célébrer entre eux avant le début de la saison estivale qui marque l’arrivée massive de touristes dans l’île.

© Arthur Gauthier I Hans Lucas


Paris, 7 mai 2016. Après le Ground Control en 2015, le Grand Train, bar géant et éphémère a ouvert ses portes dans les anciens ateliers de maintenance de la SNCF dans le 18e arrondissement de Paris.

© Simon Lambert / Haytham Pictures


Izmir, juin 2013.

Un vent de révolte souffle sur la Turquie. Le mouvement d’abord écologiste créé à Istanbul se transforme rapidement en revendications anti-gouvernementales.

L’implication d’une jeunesse pleine de rêves et d’espoir dans un mouvement national et non-violent à la manière des indignés ou autre « Occupy » .

© Quentin TOP / Dalam Images


Alors que la Grande Bretagne quitte l’U.E, à l’autre bout de l’Europe, des enfants dansent sous une carte du continent avec la Bosnie en son centre. Depuis le massacre de Srebrenica en 1995, trois générations de Bosniaques musulmans vivent comme réfugiés dans des baraquements devenus des maisons en dur. Ici le camp de Jezevac où l’association Znagazene (Femmes fortes) anime des ateliers pour les enfants en plus d’un suivi médical et psychologique. 20 ans après le conflit, le traumatisme des viols de guerre empêche le retour de nombreuses femmes et de leurs familles dans des villages situés à présent en région serbe. Avec un taux de chômage de près de 50%, des administrations largement corrompues et un nombre croissant de jeunes tentant leur chance à l’ouest, beaucoup de bosniaques rêvent de voir un jour leur pays rentrer dans la ronde de l’Europe.

© Adrien Selbert I Hans Lucas


Mardin. Le début, la fin, que sais-je. La continuité sans doute.
En errant à la recherche de fantômes, je me perds dans un cimetière sur les hauteurs brumeuses de la vieille ville. La nuit tombe. Quelques chiens errants montrent les dents mais le froid est plus mordant. L’atmosphère, irréelle, m’absorbe lentement. Paradoxalement, c’est à ce moment là que je me sens à l’aise. Dans cette bulle d’oubli et d’absence surplombant la vie de tout son silence. A l’ombre des tracas quotidiens et des lumières éphémères. Derrière mon boitier. Alors j’arme puis immortalise, la rétine conquise.
Les fantômes ont disparu. Pour toujours.

(Décembre 2013 – Mardin, Turquie.
Photo argentique extraite de la vidéo suivante : https://vimeo.com/81930756)

© Simon Létranger


Comme un balai immuable, avant chaque office, les frères bénédictins de l’abbaye Saint Pierre de Solesmes (Sarthe) arrivent au compte goutte à la Sacristie. Chacun à sa façon se prépare en silence avant de pénétrer le cœur de l’abbatiale en procession.

© Arnaud Finistre


Tunis. 24 juillet 2015. Tunisie.

Une jeune femme entre dans une transe violente lors d’une cérémonie  stambali familiale  dans un quartier populaire de Tunis.

Le Stambali est un culte de possession afro-maghrébin, mélange entre les religions des esprits des communautés d’Afrique Sub-saharienne et le culte des saints dans l’Islam populaire.

Aujourd’hui, ce rituel vit peut être ces derniers jours en Tunisie avec le décès des anciens et faute de transmission avec les nouvelles générations.

Tirée de la série « La dernière danse, au coeur du rituel Stambali », exposée à l’Institut Français de Tunis à Tunis, jusqu’au 06 juillet 2016 (http://www.institutfrancais-tunisie.com/?q=node/11837).

© Augustin Le Gall / Haytham Pictures.

© Augustin Le Gall / Haytham Pictures


Dhaka, Bangladesh, sur les rives du fleuve Buriganga. Un jeune docker s’apprête à décharger des fruits au petit matin

© Julien Hazemann l Hans Lucas


Des détenus de la maison d’arrêt de Villepinte rejoignent leurs cellules après la messe du dimanche matin pendant que d’autres échangent avec les aumôniers. Une centaine de personnes (10% des prisonniers) assistent à l’office du dimanche donné en français, en anglais et en portugais. Les détenus participent également et interviennent en italien et espagnol selon les besoins. Ce moment de prières et de partage dans ce lieu improvisé (un gymnase aménagé pour l’occasion chaque dimanche) a un impact non négligeable sur l’état d’esprit des prisonniers. « C’est un des seuls moments où les prisonniers sont plus calmes qu’à l’habitude » me confie un membre du personnel de la maison d’arrêt. 2016/06/27. Villepintes. France.  Photo issue d’un reportage en cours sur le diocèse de Seine Saint Denis.

© Michael Bunel / CIRIC


Work in Progress- France Pyrénées -Juin 2016

André 68 ans a vécu toute sa vie dans la ferme familiale.Par un bel après midi de juin, André et son frère âgé de 71 ans s’affairent tous les deux à ramasser le foin dans la vallée avant l’arrivée de la pluie prévue le lendemain en fin de journée. Il est 13H00 et le soleil qui perce haut dans le ciel rend la tâche encore plus pénible. Tous deux, à l’aide de leurs râteaux aux larges dents de bois rassemblent le foin qui servira à nourrir leurs 3 vaches et leurs 80 brebis pendant l’hiver.
Dès que le balluchon rempli de fourrage est prêt, André prend appuis dans la pente et le positionne péniblement sur ses épaules, traverse le champs, monte à l’échelle de son grenier pour ranger le précieux bien.
Le corps d’André m’apparaît comme celui d’un pantin désarticulé qui semble n’avoir jamais cherché à se rebeller face à la pénibilité des 60 dernières années.

© Isabelle Serro


L’Islande, petit pays volcanique d’environ 300000 habitants, élimine le géant anglais lors de l’ EURO 2016. Deuxième brexit de la semaine…

A la fin de la rencontre, le capitaine Aron Gunnarsson savoure longuement la victoire avec sa compagne. Celle-ci a assisté a la rencontre avec les quelques 3500 supporters nordiques, et non pas dans l’espace VIP prévu pour les compagnes des joueurs…

 

© Franck Pennant / PanoramiC


Petit à petit, le solvant au fond de la poche de plastique disparaît. Le sac se gonfle et se dégonfle comme la pulsation d’un cœur. Le garçon a le nez et la bouche prisonniers de ce boyau qui mène à la rêverie. Le regard est usé d’en avoir trop vu et les paupières voilent les prunelles de plus en plus longuement.

Un dernier souffle aspiré et l’enfant s’abandonne sur son lit de carton. La bouche mi-close et les yeux fermés. Le sang bourdonne dans les tempes et sa petite main serre son cœur. L’autre a relâché l’étreinte, le bras est étendu sur le macadam.

Un camion frôle les corps allongés et son souffle brûlant emporte au loin le plastique psychédélique.

Ce soir, il pleut.

© Matthieu Delaunay


Agressions physiques, insultes, humiliations, menaces, racket, les formes sont différentes mais la finalité est toujours la même. Pour certains, « c’est juste un jeu. Pour ceux qui le subisse, une situation insupportable. Alors que le phénomène touche un enfant sur dix, au collège et en primaire, personnels éducatif, adultes ont tendance à le minimiser ou à l’occulter, avec des conséquences parfois dramatiques. Ce sont les histoires de ceux que l’on appelle « les têtes de turc », ceux que l’on a trouvé trop sérieux, trop doué, trop gros, trop maigre ou pas assez cool, pas assez mas élevé… il n’y a pas de trop ou de pas assez, juste des enfants victimes d’autres d’enfants. Ces enfants pour qui aller à l’école devient une torture.

Ce travail autour du harcèlement scolaire et de ses conséquences tragiques vise à décrire ce phénomène violent du point de vue des sujets. Il s’agit d’aborder cette thématique avec délicatesse et empathie, en tâchant de permettre à l’enfant qui a été victime de pressions de pouvoir exprimer la façon dont il les a ressenties, l’univers dans lequel elles l’ont enfermé brutalement. Sur cette photographie, cette jeune fille veut traduire le sentiment de suffocation qui caractérise pour elle sa phobie scolaire, conséquence directe du harcèlement. Un par un, les sujets se prêtent au jeu cathartique de la mise en scène, dans le cadre intime de leur chambre. Chaque portrait est la transcription en image à la fois d’une souffrance et d’un combat. Ce travail sur les victimes et ex-victimes de harcèlement en milieu scolaire est ponctué par des photographies ou le portraits des enfants qui ont donné fin à leurs jours du fait du même phénomène actuel, sont replacés au sein d’un établissement scolaire.

© VIRGINIE PLAUCHUT | HansLucas


Juin est un mois de fête quasi permanent au Portugal. La journée de Sao Joao est traditionnellement célébrée principalement à Porto, dont il est un saint patron. Cependant, les rues du vieux quartier de Lisbonne, l’Alfama, sont également colorées et pleines de monde la nuit du 23 Juin.

© Kasia Strek / CIRIC


Chaque année, sur l’hippodrome de Longchamp, le plus gros festival de musique francilien sort de terre. Créé à partir de rien pour accueillir près de 200 000 festivaliers pendant 3 jours très intenses. Cette mini-ville est construite quasi-entièrement par des bénévoles. D’une quarantaine de fidèles dès le départ, leur nombre va progressivement grandir jusqu’à atteindre 2300 personnes. Ils ont entre 18 et 35 ans, viennent de toute la France, et de milieux très différents : militants sensibles à la cause de Solidarité Sida (l’association à l’origine du festival), amoureux de la musique, fauchés, simples curieux…

Pendant une semaine, ils vont vivre sur l’hippodrome 24/24h et tout partager. Chacun aura son rôle. Des collègues vont se retrouver, des amitiés se créer, des couples se former. Les repas sont faits ensemble, le soir on fait la fête avant de partir se coucher sous la tente. Pour beaucoup d’ailleurs, le festival en lui-même n’est qu’une excuse : ils viennent avant tout pour ces journées intenses durant lesquelles ils construisent de leurs mains l’un des plus gros événements musicaux de France. C’est cette histoire que j’ai suivi pendant plusieurs jours à leurs côtés.

© Anthony Micallef / Haytham Pictures


Inde, 5 mai 2016. Une fillette patiente avec son carton lui donnant droit a une ration alimentaire à Ghatkopar, un quartier de Mumbai (Ancienne Bombay) où une ancienne décharge est devenue un camp de réfugiés pour des centaines de fermiers venant de Latur et de ses environs, touchés par la sécheresse.

© Thomas Morel-Fort I Hans Lucas


Erbil, Kurdistan Irakien – Des déplacés reçoivent l’aide des ONG au camp de Digaba.

© Alexandre Afonso / Le Pictorium